“Voix censurées” reçoit le Prix des droits de l’homme

By Staff on mars, 29 2016

 

Amos Oz, écrivain et militant pour la paix, écoutant les voix des soldats israéliens. Photo : Censored Voices. 

Voix censurées, un film réalisé par Mor Loushy (Israël, 2015) a reçu le Prix SIGNIS-WACC 2015 des droits de l’homme.  Un documentaire long-métrage qui met en valeur le côté plus sombre de l'histoire de la guerre des Six Jours de 1967, le film revisite un conflit qui dure depuis des âges qui résonne encore dans une des régions les plus troublées du monde.

Entre le 5 et le 10 juin, 1967, les forces armées israéliennes ont attaqué et vaincu les armées d'Egypte, Jordanie et Syrie, dont la supériorité numérique en hommes et équipements sur les Israéliens était tellement disproportionnée que la confrontation semblait une répétition de l'épisode biblique de David et Goliath.

À la suite de ce qui est venu à être connu comme la guerre des Six Jours, Israël a occupé Gaza, la Cisjordanie, la péninsule du Sinaï, les plateaux de Golan, ainsi que le secteur arabe de Jérusalem qui est symboliquement plus important, plaçant la ville entière sous contrôle israélien. Les guerriers victorieux sont retournés chez eux en tant qu’héros, dans une atmosphère d'euphorie nationale et admiration dans le monde entier.

Dans Voix censurées, la scénariste-réalisatrice israélienne Mor Loushy présente un côté nettement différent et sombre de cette histoire, qui a commencé à faire surface quand l'écrivain Amos Oz et l’éditeur Avraham Shapira ont interrogé leurs collègues kibbutznik combattants qui étaient revenus du front.

Ces témoignages peuvent être entendus dans ce documentaire puissant. La plupart ont été initialement censurés par le gouvernement israélien dans les années 1960. Les enregistrements audio ont été recollés magistralement avec des images d'archives de la guerre et des prises de vue actuelles de certains de ces hommes à l'écoute de leur propre voix d'il y a près de cinq décennies.

Ils révèlent les cicatrices émotionnelles laissées par les horreurs de la guerre sur les hommes qui ont tué d'autres êtres humains, parfois des soldats ennemis, parfois des civils innocents. Ils étaient entrés dans la guerre convaincus qu'ils se battaient pour une cause juste, pour la survie de leur pays, mais ont vite appris qu'ils avaient leur part de responsabilité dans les atrocités de la guerre.

Choquant parfois, profondément troublant dans l'ensemble, Voix censurées sort de l'ordinaire dans son approche à cet épisode de l'histoire récente, présenté idéologiquement comme un triomphe de la justice, mais révélé ici dans toute sa laideur brutale. Produit en Israël par des cinéastes israéliens, l'honnêteté exemplaire de Voix censurées offre la preuve irréfutable que dans la guerre, la première victime est la vérité.

Le film a remporté le Prix du meilleur documentaire de l'Académie du cinéma israélien en 2015 et le Prix du meilleur premier film et le Prix de recherche dans la compétition israélienne au Festival du film DocAviv 2015.

Le Prix des droits de l'homme de SIGNIS-WACC rend hommage à un film documentaire ou film long-métrage qui cherche à éclairer sur une question de droits de l'homme et reflète les valeurs et les priorités de la WACC et SIGNIS.

En 2014, le prix a été attribué au film Taxi de Jafar Panahi, un documentaire long métrage mettant en évidence la société contemporaine en Iran et vainqueur de l'Ours d'or au Festival du film de Berlin 2015.

 


By Staff| mars, 29 2016
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